Adieu mamynette

merrick

(Joseph Carey Merrick – Dessinateur et Scénariste : Denis Van P – Editeur : SANDAWE)

Ci-dessous trois textes lus par Frédérique, sa fille, en son Église de Sainte-Croix, au Crématorium et au Cimetière lors de la pose des cendres près du cercueil de son mari.

La mort n’est rien, je suis simplement passé dans la pièce à côté.

Je suis moi, vous êtes vous,
Ce que nous étions les uns pour les autres, nous le sommes toujours.
Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donné,
Parlez-moi comme vous l’avez toujours fait,
N’employez pas un ton solennel ou triste,
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble,
Priez, Souriez, pensez à moi,
Que mon nom soit prononcé comme il l’a toujours été,
Sans emphase d’aucune sorte, sans trace d’ombre,
La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié,
Elle est ce qu’elle a toujours été. Le fil n’est pas coupé, simplement parce que je suis hors de  votre vue.
Je vous attends. Je ne suis pas loin,
Juste de l’autre côté du chemin.
Vous voyez — tout est bien.

Charles PÉGUY

fernande

«Je serais toujours
Même si venait à disparaître mon corps,
Moi, je serais encore.
Je serais pareil à la flamme qui brûle dans le brasier ou dans l’étincelle, pareil à l’éclat d’un regard.
Je serais aussi dans le cri ou dans le Vent,
dans l’appel ou dans le sourire.
Je serais dans la Vibration ou le battement,
dans le chuchotement ou la caresse.
Je serais loin et près,
comme le soleil et la lune, les étoiles ou le ciel.
Je serais comme une couleur lumineuse
ou comme une pensée qui fuit.
Je serais pareil à l’oiseau qui vole,
ou à l’étoile filante qui parcourt les années-lumière.
Je serais pareil au sentiment, qui traverse le temps et la matière,
pareil à l’odeur parfumée qui sort des bois,
ou à une Voix sortant de la gorge.
Je serais comme un geste ou comme un mouvement de la terre,
comme le passage de liaigle ou le sillon laissé par les bateaux.
Même si mon corps devenait poussière,
je serais encore en prière.
Comme une flamme qui brûle, dans le feu ou le coeur.
Oui, je serais comme dans une poignée de mains ou dans une étreinte,
je serais pareil à la fumée après la mort du feu.
Je serais, moi, sans Vêtement ni corps,
et Dieu, je l’adorerais encore.»

AYADI EL’HADl (Prison d’Ensiheim, mars I981)

Quand j’ai perdu ma mère, j’ai beaucoup souffert. A sept ou huit ans, nous avons du mal a imaginer  qu’un jour nous allons perdre notre mère. Finalement, nous grandissons et nous perdons tous notre mère. Mais si vous savez comment pratiquer, quand le temps de la séparation arrivera, vous rie souffrirez pas trop. Et vous constaterez très vite que votre mère est toujours vivante en vous.

Le jour où na mère est morte, j’ai écrit dans mon journal : « Un très grand malheur s’est produit dans ma vie. » J’ai souffert pendant plus d’un an après le décès de ma mère. Mais un jour, tandis que je dormais dans la hutte de mon ermitage sur les hauts plateaux du Viet- nam, j’ai rêvé de ma mère. Je me voyais assis en train de lui parier, et c’était merveilleux. Elle avait l’air jeune et elle était très belle avec ses cheveux ondoyants. C’était un réel plaisir d’être assis avec elle et de lui parler comme si elle n’était jamais morte. Quand je me suis réveillé, il était deux heures du matin et j’ai eu la sensation très forte que je n’avais jamais perdu ma mère. L’impression que ma mère était toujours en moi était très claire. J’ai compris alors que l’idée d’avoir perdu ma mère n’était qu’une idée. Il était évident à cet instant que ma mère était toujours vivante en moi. J’ai ouvert la porte de ma hutte pour aller marcher un peu. Ma hutte était située derrière le temple, à mi-hauteur des collines qui baignaient dans la lumière du matin, couvertes de plants de thé. Éclairé par la lune, je me suis mis à marcher lentement à travers les plantations et j’ai remarqué que ma mère était toujours en moi. Elle était le clair de lune me caressant comme elle l’avait fait souvent, très tendrement, très doucement…
C’était merveilleux ! Chaque fois que mes pieds touchaient la terre, je savais que ma mère était là avec moi. Je savais que ce corps n’était pas uniquement moi mais qu’il était aussi une continuation de ma mère et de mon père, de mes grands-parents et de mes arrières grands-parents. De tous mes ancêtres. Ces pieds que je voyais comme étant « mes » pieds étaient en fait  « nos pieds ». Ma mère et moi, laissions ainsi l’empreinte de nos pas sur le sol mouillé.
Dès lors, l’idée que j’avais perdu ma mère a cessé d’exister. Il me suffit de regarder la paume de ma main, de sentir la brise sur mon visage ou la terre sous mes pieds pour me souvenir que ma mère est toujours en moi et que je peux la contacter à tout moment.

Thich Nhat Hanh

2 commentaires

  1. Ne pleure pas, si tu m’aimes !
    Si tu savais le don de Dieu et ce que c’est que le ciel !
    Si tu pouvais d’ici entendre le chant des Bienheureux et me voir au milieu d’eux !
    Si tu pouvais voir se dérouler sous tes yeux les immenses horizons et les nouveaux sentiers où je marche !
    Si un instant, tu pouvais contempler comme moi la Beauté devant laquelle toutes les beautés pâlissent !
    Quoi ?… tu m’as vu… tu m’as aimé dans le pays des ombres et tu ne pourrais ni me revoir ni m’aimer dans le pays des immuables réalités ?
    Crois-moi, quand la mort viendra briser tes liens comme elle a brisé ceux qui m’enchaînaient, et quand, un jour que Dieu seul connaît et qu’il a fixé, ton âme viendra dans ce ciel où l’a précédé la mienne… ce jour-là, tu me reverras et tu retrouveras mon affection purifiée.
    A Dieu ne plaise qu’entrant dans une vie plus heureuse, je sois infidèle aux souvenirs et aux vraies joies de mon autre vie et sois devenu moins aimant !
    Tu me reverras donc, transfiguré dans l’extase et le bonheur, non plus attendant la mort, mais avançant, d’instant en instant, avec toi, dans les sentiers nouveaux de la Lumière et de la Vie !
    Alors… essuie tes larmes, et ne pleure plus… si tu m’aimes !…

    Saint Augustin

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