Rues de Nantes : Rue des Martyrs

rue

Une rue toute simple sans grande personnalité qui cache un des pans de l’histoire nantaise les plus sujets à polémique !

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Un peu d’histoire grâce principalement à Wikipédia :

Lorsque la République est établie à Paris en août 1792, la municipalité de Nantes adhère à cette évolution, sous la direction du groupe des modérés (Baco, le maire, élu en septembre 1792, etc.), plutôt girondins, mais avec des réserves ( sur l’abolition de l’esclavage, prônée par Brissot, et sur la guerre, largement négative pour l’économie nantaise).

Lorsque commencent les Guerres de Vendée, en mars 1793, la ville, acquise aux idées révolutionnaires, constitue d’abord un refuge pour les républicains des communes insurgées, qui incluent notamment Saint-Sébastien, Basse-Goulaine, Vertou et l’ensemble du vignoble. Nombre de ces réfugiés vont rester à Nantes jusqu’en 1797, époque où l’ordre sera à peu près rétabli.

Baco crée un « Comité central » de cinq membres responsable de la défense au niveau du département et met en place un tribunal extraordinaire, non légal. Une garnison est envoyée à Indret pour protéger l’arsenal et des patrouilles fluviales sont organisées de Paimboeuf à Ancenis pour préserver la navigation sur la Loire, alors que la rive sud est totalement aux mains des insurgés (sauf Paimboeuf) et la rive nord en partie. Nantes dispose seulement de la Garde nationale et de la garnison, environ 8 000 soldats au total ; les Gardes nationaux sont en partie encasernés afin de pouvoir réagir à toute urgence ; un appel est lancé à la Convention, qui envoie 2 000 soldats supplémentaires dirigés par le général Beysser (avril 1793).

En tant que port de premier plan, Nantes constitue un enjeu stratégique à l’échelle de la guerre européenne, et devient rapidement un objectif pour les chefs insurgés, qui sont en contact avec les émigrés et avec les Anglais. L’attaque de Nantes a lieu à la fin juin 1793. Au sud se trouvent les forces de Charette, à l’est celle de Cathelineau. La défense de Nantes est dirigée par le commandant de l’armée des Côtes de Brest, le général Canclaux, arrivé à Nantes début juin, qui ne dispose au total que de 12 000 soldats face à 40 000 insurgés. C’est la bataille de Nantes, au cours de laquelle Cathelineau est mortellement blessé. Malgré leur supériorité numérique, les insurgés sont repoussés. Sur la rive sud, Charette n’a pas pu faire grand-chose, il se retire vers la Vendée.

L’arrivée de l’armée du général Kléber, environ 16 000 hommes, en septembre 1793 change le rapport des forces. L’armée vendéenne, vaincue à Cholet (17 octobre), va errer d’échec en échec au cours de la Virée de Galerne avant de revenir se faire écraser à Savenay (23 décembre 1793).

Il n’y a dès lors plus de menace stratégique, mais les campagnes autour de Nantes restent en état d’insurrection ou d’insubordination, l’armée de Charette étant encore intacte ; les troupes républicaines interviennent de façon violente, ce sont les « colonnes infernales » qui quadrillent les territoires insurgés dont certaines se livrent aux pires exactions, telles qu’incendies, viols, tortures, pillages et massacres des populations, souvent sans distinction d’âge, de sexe ou d’opinion politique. Ces atrocités coûtent la vie à des dizaines de milliers de personnes et valent aux colonnes incendiaires d’être surnommées « colonnes infernales ».

Après la chute de Robespierre (juillet 1794), les choses changent nettement avec la volonté de pacification de Hoche et de Canclaux, c’est le Traité de La Jaunaye (17 février 1795) signé avec Charette et Sapinaud. On assiste ensuite à un épisode surprenant : Charette défilant en ville et acclamé par la population. Mais la paix de va pas durer : Charette reprend les armes en juin, au moment du débarquement de Quiberon. Privé de tout appui extérieur après l’échec de Quiberon, il est traqué, arrêté en mars 1796 et ramené à Nantes pour être fusillé (et non pas guillotiné) le 29 mars 1796 sur la place Viarme, où Cathelineau était mort en 1793.

L’exécution des sœurs La Métairie, œuvre du peintre nantais Auguste-Hyacinthe Debay,

La guillotine, place du Bouffay à Nantes fait 144 morts. 24 artisans et laboureurs sont exécutés le 17 décembre 1793, parmi lesquels 4 enfants de 13 à 14 ans, ils sont suivis le 19 décembre par 27 autres victimes dont 7 femmes parmi lesquelles les sœurs La Métayrie, âgées de 17 à 28 ans. Quelques jours après, le bourreau se suicida.

À Paris, les Girondins sont tombés en juin 1793. Après le succès contre les Vendéens, les autorités municipales affichent clairement une certaine opposition à la Convention. Beysser, nommé à la tête de l’Armée de La Rochelle, prend des mesures d’indulgence en libérant des prisonniers. Après sa défaite à Montaigu (21 septembre), il est destitué et convoqué à Paris où il est incarcéré. Baco, venu plaider sa cause devant la Convention, est à son tour incarcéré. Le pouvoir à Nantes est assumé pendant l’été par le représentant Pierre Philippeaux.

En l’absence de commerce, le ravitaillement de la ville est très difficile ; la guerre assure du travail à tout le monde, mais la ville manque de blé et un marché noir est apparu. Au cours de l’été 1793, les deux clubs républicains de la ville passent de l’entente à l’hostilité. Le Club Saint-Vincent crée un Comité révolutionnaire, dirigé par Chaux et Goullin et obtient la dissolution du Club de la Halle.

C’est dans ces circonstances qu’en septembre 1793 arrive à Nantes le représentant en mission Jean-Baptiste Carrier, au moment où les armées républicaines ont subi des revers à Tiffauges (18 septembre) et à Montaigu. Il n’est présent à Nantes que jusqu’en février 1794, mais son passage a marqué durablement la ville et la Révolution. Il semble qu’il ait été animé par plusieurs obsessions : la haine des Vendéens et des contre-révolutionnaires, mais aussi des négociants et des riches, et une méfiance pour l’ensemble des habitants de la ville de Nantes, qu’il soupçonne d’être de mèche avec les insurgés. Toutefois, Carrier ne s’est pas occupé exclusivement de répression ; il a eu au moins au départ pour objectifs d’assurer le succès militaire de la République, de donner aux troupes républicaines des ressources convenables et d’améliorer le ravitaillement des catégories les plus pauvres.
Il est en particulier à l’origine d’une restructuration importante des armées républicaine : la constitution de l’Armée de l’Ouest qui connaît assez vite le succès avec la victoire de Cholet.

De septembre 1793 à février 1794, le mandat de Carrier est marqué par l’intensification de la répression légale, mais aussi par des mesures illégales particulièrement sinistres.

la Commission Bignon, commission militaire installée à Nantes en décembre 1793 dont son rôle est ici de « nettoyer les prisons » ; effectivement, 2600 prisonniers principalement des Vendéens de la Virée de Galerne sont fusillés sur sa décision, de la fin décembre 1793 à la fin février 1794, dans les carrières de Gigant.
La répression illégale prend ici la forme des noyades de Nantes, qui sont restées attachées au nom de Carrier. Elles ont lieu dans le fleuve grâce des bateaux munis de trappes : les condamnés, attachés deux par deux (un homme, une femme), se noient mutuellement ; Jean-Baptiste Carrier avait baptisé ces exécutions la « déportation verticale », elles sont restées célèbres sous le nom de « mariages républicains ». Il s’agit d’un processus mal connu dans la mesure où aucun ordre n’est donné par écrit, aucun compte-rendu écrit effectué et où les noyades ont lieu de nuit avec un minimum de témoins, par des membres du Comité révolutionnaire. Quant aux victimes, elles sont choisies au hasard dans les prisons et aucune liste nominative n’est dressée. Dans Histoire de Nantes, Paul Bois parle de « politique d’extermination ».

Un autre épisode, moins tragique, mais intéressant, du mandat de Carrier est celui des « 132 Nantais ». Le suicide de Léchelle en novembre 1793, après sa défaite d’Entrammes est interprété comme le signe d’un complot contre-révolutionnaire & entraîne l’arrestation de 200 notables, dont 132 restent en prison, les autres ayant probablement réussi à s’échapper par la corruption, et sont envoyés à Paris pour être jugés par le Tribunal révolutionnaire. Carrier ne fait en effet pas confiance au Tribunal révolutionnaire de Nantes pour faire ce qu’il souhaite. Une trentaine des prisonniers meurent au cours du voyage. À Paris, Fouquier-Tinville se montre en fait très réticent et demande l’envoi de preuves du complot, qui évidemment n’existent pas. Finalement le procès aura lieu en septembre 1794 et les Nantais seront acquittés.

Contesté par un certain nombre de Républicains à Nantes et à Paris, Carrier est l’objet d’une inspection par un délégué de Robespierre, Jullien (fils), démarche qui aboutit à son rappel en février 1794. Carrier a donné prise en effet non seulement par ses excès répressifs, mais aussi par la corruption qui règne dans son entourage.

Voilà donc une rue bien tranquille, un peu à l’écart qui rappelle au passant un passé de Nantes bien sombre ! 😦

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VIA LE SITE LES RUES DE NANTES

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