Manchot en peluche, mascotte de l’aviateur Pégoud

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Deux de mes filles, lors de la nuit des musées, ont visité à Paris le Musée des Armées et y ont découvert un « pingouin mascotte », en général j’ai droit à un SMS et photo pour m’en avertir. Les « pingouins » et moi, une longue histoire...

L’armée de l’air n’existe pas encore pendant la première guerre mondiale. A ce moment-là, l’avion, surnommé le « plus lourd que l’air », ne fait pas l’unanimité parmi les politiques et les militaires des différents camps, en raison de son manque de puissance et de sa fragilité. Son utilisation va néanmoins s’intensifier et se diversifier vers la fin du conflit. En 1918, les Britanniques sont les premiers à créer une armée de l’air indépendante.

Ce pingouin ou manchot en peluche, fabriqué avec des plumes, des poils et du velours est une pièce insolite dans les collections du musée de l’Armée. Il a appartenu à l’aviateur français Pégoud.

Pendant la première guerre mondiale, les pilotes d’avions prennent des risques insensés. Aussi, pour rejeter le mauvais œil et se protéger contre le danger, ils avaient recours des rituels qui les rassuraient et avoir près de soit une mascotte ou un objet fétiche, faisait partie de ces pratiques.

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Le choix de l’animal en tant que mascotte du pilote d’avion est cependant un double clin d’œil. D’une part, le mot pingouin est proche du patronyme Pégoud ; d’autre part, les manchots et la plupart des espèces de pingouins ne peuvent pas voler…

Je tiens à rectifier ce qu’écrit le musée des Armées, comme maintenant beaucoup de personnes. En Anglais Penguin traduit notre mot manchot. Du coup pour parler de manchots nous disons dans un anglicisme parfait comme nous avons l’habitude : pingouin. AInsi Zig et Puce découvrent leur pingouin Alfred au pôle Nord. Nos chers défenseurs de la langue française nous corrigent. en nous ramenant le mot manchot et en précisant que les pingouins ne volent pas, sont des manchots et vivent au pôle sud. Mais je voudrais préciser que le mot Pingouin concerne aussi une espèce nommée le petit Pingouin qui vit dans l’hémisphère nord. On peut rencontrer le petit Pingouin du pôle Nord jusqu’à la Bretagne. Et ce dernier vole ! Alors que le grand Pingouin, dont devait être Alfred, vit aussi dans l’hémisphère nord mais cette espèce s’est éteinte en 1844, grâce au talent des humains chasseurs et lui ne volait pas.

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Pour en revenir à notre aviateur, Adolphe Pégoud, fils d’agriculteurs, ingénieux et intrépide, il rêve d’aventure et délaisse le travail de la terre pour s’engager dans l’armée. Il commence sa carrière militaire le 8 août 1907 comme cavalier au 5e Régiment de chasseurs d’Afrique au Maroc, puis en Algérie. De retour en métropole, au 3e Régiment d’artillerie coloniale de Toulon, il rencontrera le capitaine Louis Carlin, un officier passionné d’aviation. Se liant d’amitié, tous deux sont mutés au camp de Satory, près de Versailles où Pégoud fera son premier vol comme passager en octobre 1911 : c’est une véritable révélation !

De retour à la vie civile à la fin de son engagement de cinq ans en février 1913, il apprend le pilotage, obtient son brevet le 7 mars 1913, et est aussitôt engagé par Louis Blériot comme pilote d’essai pour tester toutes les nouvelles améliorations techniques et inventions, comme ce trolley devant permettre à un avion de s’arrimer à un câble tendu le long de la coque des navires.
Le 19 août 1913, il réussit un saut en parachute au départ de l’aérodrome de Châteaufort dans les Yvelines en abandonnant un avion sacrifié pour l’occasion, un vieux Blériot XI. Avec l’inventeur Bonnet qui a mis au point ce système de parachute fixé sur le fuselage, ils démontrent ainsi l’efficacité d’un tel dispositif en cas d’avarie dans les airs. Pendant que l’audacieux Pégoud descend « en père peinard » (note-il dans ses propres carnets), son avion livré à lui-même, forme dans le ciel de curieuses arabesques avant de s’écraser au sol. Dès cet instant, Pégoud est convaincu qu’un avion peut effectuer des manœuvres jusqu’ici impensables qui permettraient, dans bien des cas, de sauver la vie de pilotes en situations jugées désespérées, et il va le prouver ! Le 1er septembre 1913, Pégoud exécute à Juvisy-sur-Orge (Essonne) (note de Frédéric : la ville de mon enfance et de celle de mon père), en présence de quelques journalistes, le premier vol « tête en bas » de l’histoire, sur 400 mètres. C’est un nouvel exploit. Le lendemain, à Buc (Yvelines) devant des représentants de l’aviation civile et militaire, il réalise une série de figures acrobatiques et termine son programme en « bouclant la boucle », l’un des tout premiers looping (avec celui de Pyotr Nesterov (en)), qu’il reproduira officiellement en public le 21 septembre 1913. Dès lors, c’est la gloire. Toute la presse s’empare de l’événement. Il est acclamé, ovationné. Ses exhibitions sont plébiscitées partout en Europe jusqu’en Russie. Sa popularité est sans égale, y compris en Allemagne…
Lors de la Première Guerre mondiale il remporte six victoires aériennes, ce qui lui vaut une seconde citation à l’Ordre de l’Armée et devient officiellement le premier « As » de la guerre 1914-1918.
Malheureusement, au matin du 31 août 1915, le sous-lieutenant Célestin Adolphe Pégoud mène son dernier combat. Il est opposé seul au caporal Otto Kandulski et au mitrailleur lieutenant Von Bilitz. Pégoud est abattu d’une balle en plein cœur à 2 000 m d’altitude au-dessus de Petit-Croix, à l’est de Belfort, à l’âge de vingt-six ans. Il venait d’être nommé au titre de Chevalier de la Légion d’honneur avec attribution de la Croix de Guerre avec palmes. Il ne le sut jamais. Le 6 septembre, l’équipage allemand revient sur les lieux du combat et y lance une couronne de laurier portant l’inscription « À Pégoud, mort en héros pour sa Patrie ». Le 18 mai 1916 le pilote français Roger Ronserail abat lors d’un combat aérien l’Allemand Otto Kandulski et venge ainsi la mort d’Adolphe Pégoud. L’exploit de Roger Ronserail lui valut l’appellation « du vengeur de Pégoud ».

sources : wikipediawikipediaMusée de l’Armée

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