Anne KNIGHT

Anne KNIGHT

Anne KNIGHT – Féministe, 1781 – 1862 – ANGLETERRE

Née en 1781 dans une famille dont les membres étaient pacifistes, Anne s’implique dès 1830 dans le mouvement contre l’esclavage. Elle organise des pétitions, distribue des brochures et organise des réunions publiques. Elle crée également une branche de la Women’s Anti-Slavery Society à Chelmsford et se rend fréquemment à Londres où elle travaille en étroite collaboration avec l’abolitionniste Thomas Clarkson.
En 1834, Anne Knight part en tournée en France où elle donne des conférences sur l’immoralité de l’esclavage.
Knight soutient une abolition immédiate de l’esclavage sans compensation.
Anne Knight s’inquiète de la façon dont les militantes sont traitées par des dirigeants du mouvement chartiste et des organisations anti-esclavagistes et proteste contre les tentatives d’empêcher la présence de déléguées femmes à la Convention mondiale anti-esclavagiste qui se tient à Londres en 1840.
Le comportement des dirigeants de sexe masculin à la World Anti-Slavery Convention encourage Knight à entreprendre une campagne en faveur de l’égalité des droits pour les femmes. En 1847, elle publie ce qui est considéré comme le premier tract sur le suffrage des
femmes.
Knight attaque les dirigeants chartistes qui soutiennent que la lutte des classes est plus importante que la lutte pour les droits des femmes. Dans une lettre publiée dans le Herald Brighton en 1850, elle exige que les chartistes fassent campagne pour ce qu’elle décrit comme « le vrai suffrage universel ». L’année suivante, Knight crée la première association pour le suffrage féminin qui se réunit à Sheffield en février 1851.
Anne Knight meurt le 4 novembre 1862. Sa contribution à la campagne anti-esclavagiste sera reconnue par les Jamaïcains esclaves affranchis qui nommèrent une ville de l’île, Knightsville.
Anne Knight a vécu dans un pays, l’Angleterre, devenu au 18e siècle le plus grand marchand d’esclaves, devant l’Espagne et la France ; mais c’est aussi en Angleterre que le mouvement abolitionniste le plus puissant d’Europe émerge comme mouvement social, politique et culturel. En 1676, des Quakers se sont prononcés contre l’esclavage, mais il faut attendre le dernier quart du 18 e siècle pour voir l’opposition anti-esclavagiste prendre de l’ampleur.
En 1783, un groupe de Quakers londoniens crée le premier « Comité pour l’Abolition ». En 1787, est fondée l’Abolition Society.

En 1788, 1 500 copies du schéma des cales d’un bateau négrier – le Brooks – où s’entassent des esclaves, sont distribuées. Ce schéma deviendra l’une des plus formidables images du mouvement abolitionniste. Dès 1791, près de 13 % de la population masculine (car seuls les hommes peuvent signer les pétitions) de l’Angleterre, de l’Écosse et du Pays de Galles réunis, a signé des pétitions anti-esclavagistes.
D’anciens esclaves comme Olaudah Equiano et Ottobah Cugoanao, et d’autres Africains qui vivent en Angleterre forment l’association « Sons of Africa » et participent aux réunions contre l’esclavage.
Au 19e siècle, les grandes insurrections dans les colonies anglaises – à la Barbade en 1816, à Demerara en 1823 et à la Jamaïque en 1831-1832 – frappent fortement l’opinion anglaise et relancent la mobilisation abolitionniste.
Aux côtés d’Anna Knight, Lucy Towsend, Sarah Wedgwood, Mary Lloyd, Sophie Sturges, Elizabeth Coltman, sont toutes très actives pour une abolition immédiate et non graduelle de l’esclavage. Elles présentent une pétition signée par 350 000 femmes en 1833. Elles mettent en place pour la première fois l’arme politique du boycott en faisant du porte-à-porte pour expliquer le lien entre le sucre consommé et l’esclavage et parviennent à faire considérablement diminuer la consommation de sucre.
Le mouvement abolitionniste anglais fut cependant traversé par des divergences. Certains étaient partisans d’une abolition graduelle, ou continuaient à considérer les personnes à la peau noire comme des « enfants » qu’il fallait accompagner sur le chemin de la liberté. D’autres condamnaient l’esclavage au nom d’une politique de colonisation plus élargie et plus globale, et l’abolitionnisme sera effectivement utilisé pour justifier des politiques de colonisation. Tous les abolitionnistes ne seront pas non plus partisans d’une extension universelle des droits démocratiques et ne protesteront pas contre la répression envers la classe ouvrière, les paysans ou les féministes.
La traite négrière est abolie par l’Angleterre en 1807, puis en 1833, l’esclavage est aboli dans les colonies anglaises (Jamaïque, Trinité-et-Tobago, la Barbade, Grenade, le Cap en Afrique du Sud). 20 millions de livres sterling sont dédiées par le Parlement anglais à la compensation des propriétaires d’esclaves pour la perte de leur « propriété privée ».

knight_anne
DIX FEMMES PUISSANTES
PORTRAITS DE FEMMES EN LUTTE CONTRE L’ESCLAVAGE COLONIAL
10 mai – 15 septembre 2013
Parvis du Mémorial de l’abolition de l’esclavage – Nantes

ATTENTION CE BLOG DÉMÉNAGE À CETTE ADRESSE :
frederic.baylot.org

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