Claire


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CLAIRE – Marronne, 18e siècle – G U YA N E F R A N ÇA I S E

Le phénomène du marronnage a marqué l’histoire de la Guyane.
Les premières habitations sont installées en Guyane dans la deuxième partie du 17e siècle. Les Compagnies privées y font d’abord venir des « engagés » de France (comme dans toutes les autres colonies). La traite négrière vers la Guyane commence en 1660. Mais la population servile est relativement peu nombreuse (10 430 à la veille de la Révolution) du fait de la pauvreté des habitants. Les habitations sont éloignées les unes des autres et rares sont celles qui comptent de grandes concentrations d’esclaves. Parmi ces dernières figurent celles possédées par les Jésuites.
Très rapidement le phénomène du marronnage s’installe.
Une première mention apparaît en 1696 dans une lettre du gouverneur. Il existait deux types de marronnages, le petit marronnage concernait la fuite durant une courte période ; le grand marronnage désignait l’évasion de plus d’un mois, à visée définitive. Le petit marronnage était relativement fréquent. Les petits marrons accumulaient les évasions, certains repartaient le jour même ou le lendemain de leur retour ; d’autres avaient à leur actif plus de dix évasions.
Le grand marronnage entraîna la formation de groupes pour survivre en forêt et se défendre contre les expéditions menées par les autorités. Les marrons se réfugièrent le plus souvent en amont des fleuves et des rivières. Les campements prenaient la forme de véritables villages où des activités de subsistance (chasse, pêche, agriculture) se développaient en sus des rapines. L’histoire a retenu les noms de grandes figures du marronnage : Adome, Jérôme, Simon, Pompée et Linval.
Le Code Noir (1685) prévoyait déjà des punitions sévères pour les marrons mais les colons obtinrent l’autorisation de tirer à vue sur eux. Le marronnage touchait toute la région du Surinam et de Guyane et des conventions de collaboration furent signées entre les deux colonies.
En 1749, le gouverneur du Surinam lança une grande offensive contre les marrons Saramaka. Cette répression s’inscrivait dans celle plus large contre les révoltes d’esclaves qui s’intensifièrent durant la décennie 1730-1740 dans la région.

Autour de 1742, la communauté des marrons de la Montagne Plomb se constitua sous la conduite du chef Augustin, puis une autre sous celle d’André. En 1748, le père Fauques, un jésuite, voulut les faire revenir, et certains acceptèrent mais la grande majorité resta dans les montagnes. En septembre 1749, un détachement de soldats, d’Amérindiens et de colons fut envoyé contre la communauté dirigée par André. De nombreux marrons furent tués mais André réussit à s’enfuir avec d’autres marrons en amont du fleuve Kourou.
Lors d’une nouvelle attaque, le marron Copéna et sa compagne Claire furent capturés. Accusé de pillage et d’incitation au marronnage, Copéna fut condamné au supplice de la roue jusqu’à ce que mort s’ensuive. Claire fut étranglée puis pendue. Leurs enfants furent condamnés à assister aux exécutions.
Le témoignage de Louis, un jeune marron capturé en 1748, a permis de reconstituer la vie d’une communauté d’esclaves en Guyane. Les femmes y étaient nombreuses.
Elles participaient activement à la vie du camp et fondaient des familles avec leurs compagnons.
Les marrons de Guyane imposèrent au pouvoir colonial des accords de souveraineté. Un accord signé en 1783 permit aux Bonis, des marrons qui fuyaient le pouvoir colonial hollandais installé au Surinam, de s’installer le long du fleuve Maroni.
Le 10 juin 1848, le décret du 27 avril 1848 abolissant l’esclavage fut promulgué et appliqué le 15 juillet.
12 500 esclaves furent touchés par le décret. Comme dans les autres colonies françaises, des travailleurs furent aussitôt recrutés sous contrat pour les plantations. Entre 1848 et 1877, plus de 8 000 Indiens, 1 800 Africains et 700 Chinois et Annamites furent débarqués en Guyane.

Biennale-du-marronage

photo de danseuses créoles venues de toutes les Caraïbes pour la Biennale du marronnage de Matoury. Photo de Didier Roussel – VOIR SON BLOG PHOTOS AUTREMENT VUES

DIX FEMMES PUISSANTES
PORTRAITS DE FEMMES EN LUTTE CONTRE L’ESCLAVAGE COLONIAL
10 mai – 15 septembre 2013
Parvis du Mémorial de l’abolition de l’esclavage – Nantes

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