L’expérimentation animale : des souffrances inutiles ?

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VIA NOTRE PLANÈTE

© C. Magdelaine / notre-planete.info

Il y a quelques jours, les défenseurs américains des animaux ont obtenu une grande victoire : l’arrêt quasi-total des expérimentations médicales sur les grands singes aux États-Unis, pour des raisons éthiques. […]

Rien que dans l’Union Européenne (UE 27), environ 12 millions d’animaux sont utilisés à des fins expérimentales. Les souris (59 %) et les rats (17 %) sont de loin les espèces les plus utilisées. Mais on trouve également les oiseaux (6,4 %) et les animaux à sang froid (9,6 %). Plus de 60 % de ces animaux ont été utilisés dans la recherche et le développement pour la médecine humaine, la médecine vétérinaire, la dentisterie et dans les études de biologie fondamentale. Près de 15 % pour la production et le contrôle de qualité des produits et dispositifs employés en médecine humaine, médecine vétérinaire et dentisterie.

Des conditions d’expérimentation sur les primates désormais très réduites

Un rapport du conseil des conseils des NIH[1] (principale organisation de recherche publique sur la santé aux États-Unis) préconise l’arrêt quasi-total des expérimentations sur les chimpanzés. Ainsi, ce sont 400 animaux qui vont être mis à la retraite. Les NIH prévoient toutefois de garder une cinquantaine de primates pour les expériences futures.

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Vous fumez ? Saviez-vous que la majorité des cigarettes sont élaborées en utilisant des animaux (dont des singes) dans des tests écoeurants ?

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En finir avec l’expérimentation animale

L’association One Voice a elle aussi fait de « la santé sans torture » son cheval de bataille depuis 1995.

Selon André Ménache, vétérinaire et directeur exécutif du groupement scientifique Antidote Europe, les tests sur les animaux « ne résistent pas à un examen scientifique ». En effet, le cerveau humain est très différent de celui des primates non-humains et ne fonctionne absolument pas de la même façon. Les résultats de l’expérimentation animale ne sont pas transposables à l’humain, ni d’une espèce animale à une autre. Les expériences menées sur des cobayes ne permettent d’établir aucune certitude concernant les effets de ces substances sur les humains.

En effet, les hommes ne sont pas des rats de 70 kgs martèle Antidote Europe qui démontre que les méthodes actuelles pour évaluer la toxicité des médicaments ne sont pas efficaces et mettent donc la santé humaine en danger en plus de faire souffrir inutilement les animaux, tout simplement parce que l’animal n’est pas le modèle biologique de l’homme.

Dans un rapport de juin 2010 sur les expériences menées en neurologie sur les primates, André Ménache a dressé le bilan de plusieurs décennies d’expériences sur les animaux. Il s’avère peu concluant : les singes ont été utilisés de manière improductive dans la recherche sur l’AVC, la maladie d’Alzheimer ou encore de Parkinson. Les conditions de détention des animaux (isolement, ennui, souffrances…), qui les privent d’interactions sociales ou avec leur environnement naturel, conduit à mener des recherches sur des animaux atteints de troubles du comportement. Elles sont donc biaisées dès le départ.

Sur les plans éthiques et scientifiques, la poursuite des tests sur les animaux ne semble donc pas justifiée. En neurologie, de nombreuses alternatives à l’expérimentation animale existent (imagerie, outils neurophysiologiques pour comprendre les systèmes neurologiques humains), comme le rappelle le Dr Aysha Akhtar, médecin et chercheur en neurosciences.

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La législation suisse : un exemple à suivre ?

L’Europe pourrait prendre l’exemple de la Suisse, qui interdit les expériences sans que soient évalués au préalable les bénéfices pour la société au regard de la souffrance infligée aux animaux. Ainsi, la Haute Cour de Zurich a interdit deux expériences sur des macaques en 2009. Les autorisations peuvent être contestées par un comité consultatif d’experts non impliqués dans l’expérience, ce qui garantit l’indépendance des décisions et le débat.

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Quelles sont les méthodes alternatives ?

 […] One Voice souligne l’existence de méthodes substitutives, qui seraient « plus fiables, moins coûteuses et aux résultats plus rapides ».

« Cultures de cellules, de tissus, d’organes, recours à des micro-organismes, biologie moléculaire, études de tissus post-mortem, simulations sur ordinateur, études statistiques et épidémiologiques sur les populations, recherche clinique sur patients volontaires, dissection virtuelle » seraient des solutions possibles pour tester la toxicité de substances. Cependant, One Voice dénonce un manque de volonté politique et l’emprise des lobbies de l’expérimentation animale.

Par conséquent, lycéens, étudiants et chercheurs français n’ont pour l’heure pas d’autre choix que de pratiquer ce type d’expériences, même lorsqu’elles sont contraires à leur éthique. L’association milite donc pour le droit à « l’objection de conscience à l’expérimentation animale ».

3 milliards d’euros seraient aujourd’hui consacrés en Europe à l’expérimentation animale, contre 12 millions d’euros pour le développement d’alternatives. Il faut donc doter la recherche de plus de moyens.  […]

Anaelle Sorignet / notre-planete.info – Tous droits réservés

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4 commentaires

  1. Ce qui serait bien, ce serait déjà d’arrêter de mettre au point, produire et diffuser des substances toxiques…
    Mais on n’est pas près d’en voir la fin.
    L’argent domine tout, hélas…
    Quand on pense que même certains médicaments produits et diffusés très légalement, destinés à priori à soigner, diminuer la souffrance et guérir des maladies, ont des effets secondaires terrifiants qui peuvent aller de la simple migraine jusqu’à la mort subite en passant par une longue liste d’autres effets tous néfastes et dangereux, on a de quoi réfléchir sur la pureté et l’éthique de ceux qui les produisent.

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    1. En fait quand tu regardes le Vidal, quasiment tous les médicaments ont trois à dix fois plus d’effets secondaires potentiels annoncés que d’effets thérapeutiques. Bon il y a aussi les assurances que chacun veut prendre pour qu’on ne lui reproche rien :mrgreen:

      chaleureusement

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