Ma bédéthèque : Pepito par Luciano Bottaro

pepito

Je vous en ai déjà parlé, mais je remet l’article en avant, puisque je fais le « tour » des BD de ma « Bédéthèque », il s’agit de Pépito de Bottaro. J’en ai deux albums,  l’album n°1 de l’Intégrale de Pepito par Luciano Bottaro et l’album que l’éditeur Roland Jouve avait publié en 2006 (juste avant la mort de Bottaro) avec deux aventures de ce petit pirate, en grand format et tout en couleur.

Pepito faisait partie de ces dizaines de « petits formats » (ou « illustrés de gare » comme on disait à l’époque, car souvent on achetait ces petits magazines aux enfants pour qu’ils soient occupés dans le train. Il y avait Tartine, Zembla, Akim, Swing, Kiwi…  Cap’tain Swing existe toujours, même si sa diffusion est hélas confidentielle, je vous en reparlerai une autre fois). Ces bandes dessinées populaires des années 1950-1960 ne brillaient pas souvent par leur originalité ou par leur qualité, mais quand ils avaient la qualité des BD de Bottaro, elles n’avaient rien à envier aux meilleurs manga actuels.

Le dessinateur Luciano Bottaro est né et a vécu au port de Rapallo, petite ville près de Gêne, pas étonnant qu’il ait dessiné ce pirate Pépito ! (entre autres, car je me rappelle aussi d’un agent de la Police Montée, nommé Baldo, et aussi d’un trappeur nommé Gogo accompagné de son ours alcoolique : Whisky!). Stakhanoviste de la BD, Bottaro a produit plus de 20.000 pages pour d’innombrables éditeurs d’illustrés bon marché (dont Disney Italie). Il créa un groupe autour de lui : « L’École de Rapallo ». Les dessinateurs de ces illustrés populaires étaient des anonymes exploités sans merci par des éditeurs (je me souviens qu’à la sortie de l’armée j’avais été contacté par l’un d’eux). Bottaro ne sera pas en reste de cette exploitation, spolié de ses droits d’auteur, ses personnages seront piratés par ses éditeurs. Son éditeur français vendra même le personnage de Pepito à Danone, qui voulu empêcher Bottaro de continuer à le dessiner ! Malgré le procès qu’ils ont mené, Bottaro fut reconnu dans ses droits avant de décéder. Obligé de produire à un rythme effréné par ces éditeurs ingrats et cupides, il n’a jamais perçu de droits d’auteur (pire il a même vu de ses planches pour Disney, récupérées dans une décharge, vendues très chères en librairie, sans qu’il en touche un centime).

Cette BD se passe dans des Caraïbes fantaisistes, entre l’île de Pâques (sic) ( nommée ici l’île des Suprises) et Hispaniola (Las Ananas une colonie du roi Alonzo XXXIV, dont le nom n’est pas sans faire penser au roi Alfonso XIII). Cette île est dirigée par sa « Ventripotence » le gouverneur Hernandez de La Banane (avec cette BD j’ai toujours et longtemps confondus les mots « potentat » et « ventripotents » ! Encore lorsque nous étions en Inde, nos filles appelaient ainsi les gouverneurs locaux qui étaient bien ventrus! 😀 ).

Le personnage de Pépito est né en 1952. En 1954 l’éditeur français Sagédition publie une revue à son nom. Portant sur son chapeau le Jolly Roger, Pepito est un pirate à l’idéal libertaire, un gentilshomme de fortune à la Corto Maltese (version humoristique) et bafoue les « autorités autoritaires » (sic) ou leurs représentants ou ceux de la « science » (on n’y parle pas de ceux de la religion par contre). Jeune, je trouvais, à l’époque, ce petit pirate assez anarchique (au sens noble du terme), mais en relisant la BD je me rends compte qu’il était parfois corsaire au service du Roy de France ! Pépito commande le navire La Cacahuète et son équipage de matelots hauts en couleurs (même en N&B 😉 ), amateurs de tafia et de doublons (son second : Crochette, le Bosco : Ventempoupe, toujours à la recherche de rhum, La Merluche, Bec-de-Fer le perroquet  qui a droit à une aventure en tant que héros dans cette intégrale – qui m’inspira Coco le perroquet de Lapis Lazuli – etc… ). Le gouverneur La Banane ne pense qu’à créer de nouveaux impôts, mais surtout pas pour les riches (un ministre qui aura eu cette idée se retrouvera au cachot comme tous ceux qui ont eu l’outrecuidance de ne pas penser comme le Gouverneur!).

Bref, des récits vivants, joyeux, drôles, légers, avec des inventions loufoques, des animaux surprenants… Un vrai plaisir toujours d’actualité !

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