Savoir lire en la nature : la pratique au quotidien

Dans un précédent article de ce blog je parlais de l’importance de lire les sûtras pour celui qui est sur la Voie.

Je sais que cela peut surprendre de vouloir et de conseiller de se plonger dans des textes qui ont presque plusieurs milliers d’années. Mais d’abord si le Dharma est venu jusqu’à nous c’est grâce à des humains qui ont pénétré ces textes pour que leur vie irradie jusqu’à nous. Ensuite la lecture qui peut en être faite, n’est pas une lecture littérale mais comme le dit Eric Rommeluère dans son livre « Le bouddhisme n’existe pas » il s’agit d’avoir un déchiffrement herméneutique de ces textes. Roger-Pol Droit aussi dans son ouvrage « Le Silence du Bouddha » écrit que : « Le discours du Bouddha ne vise pas la vérité mais le salut. Le Bouddha n’enseigne ni l’agréable ni le vrai en général, mais seulement ce qui est utile sur le chemin conduisant au nirvâna. Le discours du Bouddha ne se plie pas à l’ordre du concept, qui toujours implique une prise. Sa singularité est de se déployer tout entier sur la rive à quitter -celle de l’illusion, du désir, de l’attachement, de la souffrance- et pour la quitter, mais sans rien pouvoir dire de l’autre rive, strictement ineffable et non représentable. »

Enfin je signalais tous ces maîtres anciens du zen dont Shâkyamouni, qui s’éveillèrent par la nature. Car finalement ce qui est appelé « les sûtras » n’est autre que cet univers entier des dix directions. C’est avec les montagnes, les fleuves et la grande terre que les Patriarches reçoivent les sûtras et qu’ils prêchent les sûtras ; c’est avec le soleil, la lune et les étoiles qu’ils reçoivent les sûtras. Et toujours Dôgen nous dit d’étudier les sûtras et leur sens profond auprès des montagnes et des mers, et faites-en la norme de votre pratique de la Voie. Il s’agit de faire réellement de sa vie un sûtra comme les amis de bien (les maîtres zen) font des sûtras la terre du royaume, leurs corps et cœur, leur pratique assise (zazen), leur coucher et leur marche en silence (kinhin). En assimilant les sûtras, « Les sûtras nous assimilent en nous-mêmes (nous transforment) ». Vivre pleinement l’instant présent de la manière la plus simple et naturelle, en communion avec notre environnement, telle pourrait être la lecture des sûtras.

Texte inspiré (et citations tirées) du Bukkyô du Shôbôgenzô, la vraie loi, trésor de l’oeil de Dôgen.  et du « Silence du Bouddha » de Roger-Pol Droit & « Le bouddhisme n’existe pas » de Eric Rommeluère.


J’aurai voulu des mots qui disent,
la nature dans tout ses visages,
mais ses mots là n’existent pas.
Ses reflets tissent l’indescriptible.
L’amour se prose en paysage,
Ou se posent les âmes éperdues.
Alors leur regard s’élargit,
de loin en loin le temps s’efface,
au fond de leurs yeux grands ouverts.
Ne demeure que la lumière.

(Virginie)

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