» Non dolet ipse Dolet, sed pro ratione dolet »

Le 3 août 1546, mort d’Etienne DOLET, brûlé vif sur la place Maubert à Paris.

Libre penseur, et humaniste français.

Une tradition douteuse fait de lui le fils illégitime de François Ier, mais il est certain qu’il est issu d’une famille de haut rang. Il naît à Orléans en 1509 où il vit jusqu’à l’âge de douze ans, puis part en 1521 pour Paris où il étudie pendant cinq ans auprès de Nicolas Bérauld, professeur de Coligny. Il fait ensuite une tournée dans les universités de Padou (Italie) et de Toulouse, il se fixe à Lyon où il travaille comme linguiste et philologue érudit pour le célèbre imprimeur Sébastien Gryphe. A Padoue. La mort de son maître et ami Simon de Villanova l’amène à accepter en 1530 le poste de secrétaire de Jean de Langeac, évêque de Limoges et ambassadeur de France à la république vénitienne. Il s’est cependant arrangé pour assister aux conférences du maître vénitien Battista Egnazio et a trouvé le temps d’écrire des poèmes d’amour en latin à une Vénitienne du nom d’Elena.

À son retour en France, il étudie le droit et la jurisprudence à l’université de Toulouse, mais il est impliqué, par son humeur turbulente, dans de violentes disputes entre groupes d’étudiants. En 1536, il tue accidentellement un agresseur. D’abord jeté en prison, il est ensuite gracié. Il s’installe alors à son compte comme imprimeur, et publie des almanachs populaires, des satyres sociales et religieuses mais aussi Rabelais, Erasme, etc. En 1535, il participe aux listes contre Érasme dans l’affaire de la controverse sur Cicéron et, grâce à l’imprimeur Sébastien Gryphe, publie le Dialogus de imitatione Ciceroniana, suivi des deux volumes du Commentariorum linguae Latinae. Cet ouvrage est dédié à François Ier, qui lui accorde pour dix ans le privilège d’imprimer tout ouvrage en latin, grec, italien ou français, de sa plume ou sous sa supervision.

Il peut ainsi se mettre au travail et il édite Galien, Rabelais, Marot. Il n’ignore pas les dangers auxquels il s’expose. Cela se voit non seulement par le ton de ses textes, mais également par le fait qu’il a essayé d’abord de se concilier ses adversaires en éditant un Christianus de Caton, dans lequel il faisait sa profession de foi. Cette catholicité de façade, malgré son ultra-cicéronisme, transparaît dans les ouvrages sortis de ses presses, antiques et modernes, religieux ou laïcs, depuis le Nouveau Testament en latin jusqu’aux textes de Rabelais.
Mais avant que son autorisation d’imprimer n’expire, il s’attire à Lyon de nouvelles difficultés par son caractère satirique et par la publication d’ouvrages entachés d’hérésie. Son travail est interrompu par ses ennemis qui le font emprisonner en 1542 sous l’accusation d’athéisme.
Après un premier séjour en prison de quinze mois, il est relâché grâce à l’intervention de l’évêque de Tulle Pierre Duchatel. Emprisonné une seconde fois en 1544, il s’échappe par ses propres moyens et se réfugie dans le Piémont.
Mais il revient imprudemment en France en pensant qu’il pourrait imprimer à Lyon des lettres pour en appeler à la justice du roi de France, de la reine de Navarre et du Parlement de Paris. Il est à nouveau arrêté et jugé athée évadé par la faculté de théologie de la Sorbonne.

En 1538, les ouvriers d’imprimerie se mettent en grève pour réclamer un meilleur salaire et une meilleure nourriture, Etienne Dolet se rallie à leurs justes revendications et lutte à leurs côtés. Ce qui suscite la haine de ses confrères qui le dénoncent à l’Inquisition. Arrêté, autant pour son soutien aux compagnons imprimeurs que pour ses écrits et publications contre les dogmes de l’Eglise, il est emprisonné de 1542 à 1546.

Repris après une évasion, il est enfermé à la Conciergerie avant d’être brûlé vif avec ses livres, place Maubert.

 » Non dolet ipse Dolet, sed pro ratione dolet » (Dolet ne s’afflige pas sur lui-même, mais s’afflige pour la raison).

François Ier, qui l’avait d’abord protégé, l’ayant abandonné, il fut amené de Lyon à Paris pour y subir le supplice. Le 3 août 1546, il est étranglé puis brûlé avec ses livres sur la Place Maubert. Cette place est réservée aux bûchers des imprimeurs : quatre y sont étranglés puis brûlés en 1546. Il aurait composé ce pentamètre sur le chemin du bûcher : Non dolet ipse
Son crime était, selon les uns, d’avoir professé le matérialisme et l’athéisme, selon les autres, de s’être montré favorable aux opinions de Martin Luther.

On ne sait si Dolet doit être classé parmi les représentants du protestantisme ou parmi les défenseurs d’un rationalisme antichrétien. Cependant, on sait qu’il n’était pas reconnu par les protestants de son temps et que Calvin l’avait formellement condamné, tout comme Théodore Agrippa d’Aubigné et son maître Simon de Villanova, pour blasphèmes à l’encontre du Fils de Dieu. Mais, à en juger par le caractère religieux de nombre de livres qu’il a publiés, une telle condamnation est certainement déplacée. Sa défense perpétuelle de la lecture des Écritures en langue vulgaire est particulièrement notable.

Une statue en bronze d’Étienne Dolet fut érigée sur la place Maubert à Paris, et inaugurée le mercredi 19 juin 1889. Elle représentait l’humaniste debout, les mains liées avec une presse d’imprimerie à ses pieds1. Cette statue, lieu de ralliement des dreyfusards, anti-cléricaux et libre penseurs fut enlevée et fondue en 1942 pendant l’occupation et jamais remplacée malgré quelques tentatives. La veille de son inauguration, la Société de la Libre-Pensée du 5e arrondissement (groupe Étienne Dolet) avait organisé à la mairie du 5e arrondissement de Paris une conférence intitulée « Étienne Dolet, sa vie, son œuvre son martyre », par le citoyen Bourneville, député de la Seine.

Un buste à son effigie fut inauguré dans le jardin Hardouineau à Orléans, en 1933, enlevé et fondu en 1942, et reconstitué en pierre par le sculpteur Van Den Noorgaete en 1955. Il se trouve dans les jardins de la Mairie d’Orléans. Il a été inauguré en présence de nombreuses associations laïques.

VIA ÉPHÉMÉRIDE ANARCHISTE ET WIKIPÉDIA

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