Qu’est-ce que la propriété?

Le 30 juin 1840, sortie du livre de Pierre Joseph Proudhon « Qu’est-ce que la propriété? ou Recherche sur le principe du droit et du gouvernement ». Ce premier mémoire est dédié à l’Académie de Besançon. Cela provoque un scandale; cette dernière exige le retrait de la dédicace, et somme Proudhon de venir s’expliquer devant elle.

Il traita le concept de la propriété et sa relation avec l’État, les ouvriers et l’anarchisme. Ce livre contient la citation célèbre « La propriété, c’est le vol ! ».

Proudhon déclara : « J’en ferai sortir la preuve irréfragable que la propriété, quand elle serait juste et possible, aurait pour condition nécessaire l’égalité. » Il adopta le mot mutuellisme pour décrire sa vision d’une économie qui serait composée d’individus et de syndicats démocratiques qui échangerait leurs produits sous la contrainte de l’égalité.
Bien que Karl Marx ait plus tard critiqué Proudhon, il crédita ce livre de l’avoir convaincu de la nécessité d’abolir la propriété privée.

L’œuvre commence par cette réponse célèbre : « Si j’avais à répondre à la question suivante : Qu’est-ce que l’esclavage ? et que d’un seul mot je répondisse : c’est l’assassinat, ma pensée serait d’abord comprise. Je n’aurais pas besoin d’un long discours pour montrer que le pouvoir d’ôter à l’homme la pensée, la volonté, la personnalité, est un pouvoir de vie et de mort, et que faire un homme esclave, c’est l’assassinat. Pourquoi donc à cette autre demande : Qu’est-ce que la propriété ? ne puis-je répondre de même : c’est le vol, sans avoir la certitude de n’être pas entendu, bien que cette seconde proposition ne soit que la première transformée ? »

Proudhon estimait que la nue propriété était de nature différente que la possession — cette dernière étant une chose de fait et non de droit. « Si j’ose me servir de cette comparaison, un amant est possesseur, un mari est propriétaire. » ❗ Le droit de propriété reviendrait au droit romain, ius utendi et abutendi re sua quatenus iuris ratio patitur, le droit d’user et d’abuser de la chose autant que permet la raison du droit. Cela n’aurait aucune place parmi les autres droits fondamentaux affirmés par les Déclarations des droits, soit, la liberté, la sécurité, et l’égalité. Celles-là sont vraiment des droits qui existent vraiment dans la pratique et sont immuables – on ne peut pas les augmenter ou les diminuer, chacun « reçoit autant qu’il donne, liberté pour liberté, égalité pour égalité, corps pour corps, âme pour âme, à la vie et à la mort ». D’ailleurs la liberté, sécurité, et égalité de chacun ne souffrent pas de celle d’autrui, mais elles se fortifient mutuellement. Tandis que la nue propriété a des traits contraires et dans la pratique la majorité n’en jouit pas, ce que selon Proudhon « répugne à l’idée d’un droit naturel ».

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Wikipedia

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