Les 10 paramita

« Les Pāramitā (sanskrit) qu’on traduit souvent par « perfection », signifie littéralement «aller au-delà» ou «atteindre l’autre rive», pāra signifiant aussi rive et but. On le traduit donc encore par «vertus transcendantes». Pāramitā désigne dans le bouddhisme la pratique d’une vertu qui, menée vers sa perfection, permet d’accéder à l’éveil, c’est-à-dire au nirvāna, ou à l’état de bodhisattva puis de bouddha. Dans leurs pensées, les Pāramitā se rapprochent des vertus cardinales et des vertus théologales du catholicisme. » (1)

Le Sūtra du Lotus mentionne six perfections :

1. Dāna pāramitā : L’immense générosité

Traduit le plus souvent par le don (fuse en japonais, dana en sanscrit)C’est le fait de donner sans compter, d’aimer sans condition, d’avoir les mains, l’esprit et le cœur toujours ouvert. (1) . Au plus haut degré le don s’applique à toute la vie : donner de son temps. Celui qui donne est le premier bénéficiaire de ce don, car par cette paramita c’est une façon de s’approcher de l’Eveil, c’est pourquoi il y a une tradition orientale de ne pas remercier les donateurs. (2)

2. Śīla pāramitā : éthique  & intégrité

Elle passe par la parole, les actes et un mode de vie juste. C’est l’observance des préceptes (jikai, sila) pour une vie solidaire dans une communauté. Ce sont les cinq préceptes majeurs (ne pas endommager la vie, ne pas prendre ce qui n’est pas donné, avoir une vie sexuelle non égotique et responsable, avoir une parole authentique & une hygiène de vie sans toxiques) mais il y en a d’autres que l’on peut prendre le long de la voie du Dharma. Ils s’inscrivent dans une logique de respect du vivant qui sous-tend l’ensemble de l’éthique bouddhique et témoignent de la nécessité de maîtriser son corps, son psychisme et sa pensée. Il est important de noter que les méthodes pour parvenir à cette maîtrise ont beaucoup changé au cours du temps. (2)

3. Kṣanti pāramitā : patience & douceur

La patience (ninniku, ksanti) : C’est la capacité à rester serein et courageux face à l’adversité ou à la provocation. L’impatience est considérée comme une attitude infantile, qu’elle s’applique à soi (absence de progrès rapides) ou face à l’autre. La bienveillance à l’égard des erreurs des autres repose sur la prise de conscience de ses propres faiblesses. Un grand nombre de sutras mettent en garde contre le sentiment de sa propre patience qui n’est que la capacité de retenir sa colère et donc le contraire de la véritable patience. (2)

4. Vīrya pāramitā : enthousiasme & endurance.

La persévérance (shojin, virya), l’énergie pour avancer sur la voie bouddhique.

5. Dhyāna pāramitā : méditation & calme mental.

La méditation (zenjo, dhyana), l’état qui permet de pacifier l’esprit, de l’amener au calme nécessaire à l’élaboration de la pensée juste. La qualité de la perception des phénomènes à laquelle aboutissent la vigilance et l’attention peut être ensuite intériorisée dans une concentration profonde (samadhi). (2)

6. Prajñā pāramitā : sagesse

La sagesse (hannya, prajna) est l’aboutissement des cinq précédentes. C’est la sagesse supérieure celle qui tranche les troubles, qui révèle le caractère intrinsèque et la compréhension des phénomènes. On l’appelle également « la pensée sans pensée » ou sagesse du cœur. La paramita de la prajna découle de la volonté de se connaître et de n’être pas dupe des notions communes ou de ses pulsions. (2)

Le Soûtra de l’Ornement fleuri (Avatamsakasûtra) et le Traité des dix terres (Daśabhūmikāśāstra) en ajoutent quatre (1) :

7. Upāya pāramitā: les moyens habiles.

L’aptitude à discerner la méthode la plus susceptible de faire progresser les êtres sur la voie de l’éveil selon leur état du moment. (1) C’est une empathie agissante, une habilité à amener les êtres à l’Eveil par l’utilisation de moyens salvifiques (hoben, upaya). (2)

8. Pranidhāna pāramitā: l’aspiration à sauver les êtres. (1)

Le vœu (gan, pranidhana) de servir le Dharma en toute circonstance, le refus de le déformer à des fins personnelles. (2)

9. Bala pāramitā: pouvoirs spirituels. (1)

Ces pouvoirs nommés Les dix forces du bouddha (riki, bala) est une liste de ressources établie par Nagarjuna. On y trouve le pouvoir de distinguer ce qui est vrai de ce qui ne l’est pas ; de connaître la causalité karmique dans les vies de tous les êtres ; de savoir expérimenter toutes les étapes de la méditation ; de comprendre la condition de vie de tous les êtres humains ; de percevoir les aspirations des êtres ; d’appréhender les capacités des humains ; de discerner les différentes destinées  possibles ; de ressentir ce que peuvent être les existences antérieures ; de voir le moment venu de la mort de chaque personne ; & le pouvoir d’éliminer toutes les illusions. (3)

10. Jñāna pāramitā: sagesse absolue (1)

La connaissance vraie (chi, jnana, ) appelée parfois nirvana au sens de détachement des souffrances des vies et morts. (2)

Les dix paramita correspondent aux degrés 21 à 30 des 52 étapes du bodhisattva. (2)


(1) Wikipédia

(2) Nichiren

(3) Nichiren

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