Rendre grâce avec délicatesse

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(dessin de Tsai Chih Chung)

Rendre grâce avec délicatesse (1)

Alors que cela semble paradoxal dans notre vie contemporaine, en sesshin (retraite zen où on vit comme des moines dans un monastère) on peut prendre son temps. C’est l’occasion d’appréhender la plénitude du geste de chaque action. Le geste devient lent, avec dignité et tranquillité. On peut habiter chaque pas, chaque mouvement.

Dans notre pratique quotidienne, on peut déjà prendre un temps de transition avant la méditation. Tous les gestes du zen incitent à entrer en contact avec soi. Par exemple « gasshô » (main jointe, voir ci-après) est déjà une manière de s’unifier dans un geste de gratitude. On fait cette salutation vers notre zafou (coussin de méditation) ; c’est être délicat envers soi-même. On salue vers la salle ; c’est considérer chaque être vivant comme quelqu’un de précieux pour nous.

Joindre les mains et saluer (jap. gasshô) : Joindre les mains a le sens d’unifier et d’harmoniser, le corps et l’esprit, soi et les autres. Plus précisément dans le bouddhisme zen, saluer signifie reconnaître la nature sacrée de toute chose, reconnaître en soi et en chacun la nature éveillée.

Ce geste essentiel appartient au fond indien. Les anciens textes bouddhiques racontent comment les disciples du Bouddha s’approchaient de lui, mettaient un genou à terre, réajustaient leur vêtement et le saluaient les mains jointes. Ce salut demeure encore aujourd’hui le geste plus ordinaire de respect et de vénération dans tout l’Orient. On dit añjali en sanskrit, gasshô en japonais. Les mains sont simplement jointes à la hauteur de la poitrine. Les formes varient selon les écoles. Dans l’école japonaise sôtô, le salut est assez formel : on recommande de joindre les mains, paume contre paume, les doigts serrés, le bout des doigts à hauteur du nez. Puis on s’incline, le buste parallèle aux avant-bras. L’ancienneté des bonzes se reconnaît à leur façon de joindre les mains, les novices doivent garder les avant-bras horizontaux, alors que pour les anciens, les avant-bras peuvent être inclinés à quarante-cinq degrés, dans une posture moins stricte. (2)


  1. Notes personnelles – sesshin UZO – 2008
  2. Un Zen Occidental

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