Un sentiment serein d’urgence

Nécessité

Il me semble qu’il y a urgence à agir dans notre monde actuel, compte tenu de la désolation que peut vivre un nombre de plus en plus importants d’être vivants. Tourments dûs pour la plus grande partie aux résultats de l’action humaine. Parler d’urgence peut sembler contradictoire dans la pratique d’une voie qui parle de l’instant présent.

Mais il s’avère que lorsque nous regardons l’impermanence dans la vie nous la voyons pour les autres principalement. Alors on peut se dire « à quoi bon ? » , « tout passe », « il n’y a rien à rajouter », voir « c’est leur karma » ! Mais n’est-ce pas encore une démarche égocentrique ? Il est facile de dire cela si nous sommes dans une vie assez tranquille, dans un pays plutôt démocratique, mais qu’en serait-il si nous étions avec un pistolet sur la tempe ? Si nous n’avions plus suffisamment à manger pour nos enfants depuis des mois ? Si nous étions prisonniers depuis des jours, sous les décombres d’un immeuble après un tremblement de terre ? Nous aurions peut-être une autre vision de l’urgence ?

Impermanence

Regarder l’impermanence de la vie, devrait peut-être au contraire nous amener à nous donner moins d’importance à nous-même. Finalement la vie s’écoule comme le sable dans la main, à peine atteint la maturité que déjà on sent approcher la fin inévitable. Que faisons-nous de notre vie ? Cette vision claire de l’impermanence fait qu’on pratique alors la voie « comme si on voulait se sauver d’un feu brûlant de sur la tête. » comme le dit Dôgen.

Voilà le sentiment d’urgence qui nous anime. Non plus une attitude de précipitation ou de fuite, mais un désir d’aller à l’essentiel, de passer du discours sans fin, à l’action utile et harmonieuse comme le propose le 7ème engagement des 10 préceptes de bien.

Egocentrisme

Mais la principale difficulté de l’humain, même dans la pratique de la voie, est de ne pas tomber dans le travers de la recherche effrénée de la considération des autres pour soi-même ou de la quête d’avantages exclusivement personnels.

Même dans la pratique de la voie nous sommes encore, bien souvent, dans cette recherche de reconnaissance par une attitude trop ostentatoire de ce que procurerait ces expériences, comme une sérénité apparente, un détachement supposé etc.

Et si la voie de la Grandeur (Mahayana) amène à utiliser des « moyens utiles » (upaya) qui peuvent nous entraîner à être complètement impliqués dans ce monde de médias et de consommation, c’est quelque chose que nous n’oublions jamais.

Faire une pause

Il suffit de toucher au moins une fois dans des actes concrets, cet « oubli de soi » pour qu’il soit toujours présent en mémoire. Et si nous sommes tourmentés par un désir individualiste, le mieux est encore de se poser et de méditer sur cette vacuité. Les Tibétains ont de très bonnes méthodes pour cela comme le Lam Rim.

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