Antidotes

Face aux émotions négatives (celles qui nous « bouffent » la vie) le bouddhisme propose l’usage de la méditation qui permet un recul et une remise à sa juste place de chaque événement et personne, mais aussi de comprendre que nos émotions nous appartiennent et donc qu’il nous appartient d’en faire ce que nous voulons comme, par exemple, avec l’utilisation d’antidotes. Mais comme le dit le Dalaï Lama apaiser son esprit n’est pas se couper de ses émotions, au contraire.

Antidotes

Dans la vie quotidienne, quand on prend conscience d’une émotion, on peut la transformer. Par exemple, lorsque la colère s’élève, que quelqu’un nous irrite ou qu’une situation nous énerve, il faut d’abord voir cette colère. Ensuite, on se demande quelle en est la cause.

Est-ce l’autre ou est-ce nous-mêmes ?

On se rend compte que c’est nous-mêmes. En effet, à certains moments, une situation nous mettra en colère et à d’autres moments, non. La cause de la colère n’est pas l’agression extérieure, mais notre incapacité à assumer cette agression. En réfléchissant ainsi, on adoptera une relation plus souple face à ce qui nous arrive de l’extérieur, et l’on créera un premier espace dans lequel la colère pourra se pacifier, faire place peu à peu à l’ouverture, à la tolérance et à la patience. C’est une première façon de réagir face à la colère.

La jalousie représente l’incapacité à reconnaître les qualités des autres. La jalousie est une émotion difficile à voir parce qu’elle est très insidieuse. Une façon de la repérer consiste à se rendre compte que, lorsque l’on est avec d’autres personnes, on n’arrive jamais à être satisfait de la situation parce que les circonstances extérieures ne nous plaisent pas. On ne voit pas que cette insatisfaction provient du fait que l’on n’arrive pas à accepter les qualités de ceux qui nous entourent.

Le remède à la jalousie sera la réjouissance. Reconnaissant les qualités des autres, on s’en réjouira. C’est une chose toute simple, mais que l’on n’a pas l’habitude de faire. Dès l’instant où l’on adopte cette attitude, elle crée une ouverture dans la relation aux autres. Si chacun se réjouissait des qualités des autres, les relations seraient bien souvent beaucoup plus simples.

L’orgueil, c’est l’incapacité à se reconnaître tel que l’on est. Le remède, on l’a déjà expliqué plus haut, consiste à prendre conscience de ses défauts pour pouvoir les transformer.

En ce qui concerne l’ignorance, il faut comprendre de quoi il s’agit.

L’ignorance revient à ne pas voir quelque chose, et ce qui n’est pas vu, c’est cette ouverture fondamentale, la capacité de l’esprit à se reconnaître lui-même. On cherche le bonheur, mais on n’en connaît pas les causes. Notre expérience de nous-même et du monde est solide et figée. Se rappeler que tout ce processus est illusoire représente le remède à l’ignorance.

On retrouve alors la fluidité et la souplesse de la situation et on parvient à en rire.

C’est une première façon, encore très duelle, d’entrer en relation avec les émotions.

Lorsqu’une émotion s’élève, on lui applique un antidote.

Cette pratique a plusieurs avantages : on peut la mettre en œuvre en toute circonstance et elle permet de se familiariser avec les émotions, d’être plus à l’aise avec elles.

LIRE L’ARTICLE INTÉGRAL SUR DHAGPO KAGYU

« Toutes les pensées, toutes les émotions, toutes les expériences se produisent, mais elles ne sont pas miennes, elles ne sont pas moi.

Qui est cet observateur, observant toutes ces choses?

Qui suis-je à l’intérieur de ce mécanisme corps-esprit?

Le plus grand mystère, c’est que je ne sais pas et pourtant je suis. »

Leela

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