
Une Sesshin d’été,
Chaque année l’association Un Zen Occidental propose une sesshin (retraite) d’été
« Sesshin. Il réunit deux idéogrammes chinois : setsu et shin. Shin est "l’esprit" et setsu signifie littéralement "relier ou attacher ensemble". Relier l’esprit. Cela signifie en fait "toucher", "connecter" mais aussi "recevoir", "transmettre" et "continuer". Setsu et shin. C’est-à-dire joindre, se relier à l’esprit ou recevoir, transmettre, maintenir l’esprit. Voilà ce que signifie sesshin. » (1)
mais pour quoi faire ?
Pour quoi faire une sesshin ? Dans notre comportement quotidien, nous sommes souvent dans un comportement de fuite vis à vis des difficultés et de nos peurs. Ces échappatoires ne sont pas efficaces car ce dont nous tentons de nous échapper fait partie de nous-mêmes.
« Tout cela serait très bien si vous tentiez d’échapper à une chose à laquelle vous pouvez échapper. Pourquoi tentons-nous de nous séparer dela peur ? Parce que nous avons peur. Autrement dit, la peur essaye de se séparer elle-même de la peur, comme si l’on pouvait combattre le feu par le feu. » (2)
Nous vivons d’expédients
Pourtant souvent nous savons que nous sommes forts pour aborder les problèmes, mais surtout ceux qui ne nous touchent pas directement, ceux des autres. Il nous est plus facile d’expliquer à un ami comment se sortir d’un comportement qui lui crée des difficultés que de nous-mêmes en sortir.
« Dans la vie quotidienne lorsque des problèmes graves et le malheur nous dépriment, nous avons l’habitude de nous débattre et, de ce fait, nous nous y enfonçons encore davantage. Par contre, lorsqu’il s’agit d’un Autre, alors nous saisissons plus facilement son problème. Quand cela regarde notre prochain,nous, en tant qu’observateurs, lui conseillons de ne pas se débattre et de se calmer. Étant en dehors de sa situation, nous ouvrons en parler de sang-froid. Pris à la gorge, nous nous défendons toutes griffes dehors. La question est donc celle-ci : comment pouvons-nous empêcher ce Moi, qui se révolte tant, de se débattre ? Comment le calmer ? Il n’y a qu’une seule voie : faire éclater nos pensées afin qu’elles ne s’accrochent pas à notre souffrance, à notre lutter personnelle. » (3)
Dans le quotidien nous avons des « jouets » qui nous permettent de ne pas affronter nos peurs
« En y regardant de près, toute notre vie paraît être une recherche de jeux et de jouets ? Cela commence déjà après notre naissance : le premier jouet est le biberon ; plus tard ce sont des poupées et des ours ; lorsque nous sommes plus âgés, nous nous intéressons à des jeux mécaniques, à des appareils photographiques et à des voitures ; pendant l’adolescence, c’est l’autre sexe ; plus tard, des études et des recherches ; des compétitions de toutes sortes et le sport. Tout cela ne signifie rien d’autre, finalement, que des jeux. Jusqu’à notre mort, nous échangeons un jouet contre un autre et toute la vie n’est autre qu’ « activité de jouer ». » (3)
sauf au moment de la mort et en sesshin
Le seul moment où nous abandonnons nos jouets, involontairement, c’est au moment de la mort. Nous voyons que nous ne pouvons plus fuir.
La sesshin est un autre temps privilégié pour abandonner nos jouets, mais pour cela il ne faut pas qu’il y ait de nouveaux jouets pour les remplacer.
« Il n’y a pas de jouet. Il arrive ce qui arrivera avant l’instant de notre mort, lorsque tous les jouets disparaîtront. » (3)
Bien sûr même pendant la sesshin notre mental nous soumet aux mêmes comportements de recherches d’expédients. Mais le respect du « pour quoi sommes nous là », le respect de la pratique des autres, le fait qu’il n’y ait que de la méditation à faire, assis, en marchant, en travaillant, en dormant, en se lavant, fait que nous ne pouvons que nous retourner vers notre pratique.
« Il n’y a rien pour sortir de l’ennui, il n’y a qu’un seul moyen : il faut vivre notre temps de zazen comme réalité de vie de chaque instant. À la fin, vous comprenez tout seul qu’il est mieux de laisser tomber les illusions et de retourner vers la bonne posture zazen. » (3)
où nous pouvons vivre l’expérience directe de la vie.
Nous pouvons vivre que l’important est l’expérience personnelle. Tout le reste n’est que construction mentale, émotionnelle, sociale…
« Il s’agit pour vous de vivre intérieurement votre zazen et d’en être conscient. Tout le reste, c’est-à-dire vos sentiments, n’est que du théâtre. » (3)
Fort de cette expérience nous pouvons décider de la prolonger dans nos actes du quotidien, notre vie « mondaine ».
« Être conscient de la réalité, du présent vivant, signifie découvrir qu’à chaque instant l’expérience est tout . Il n’y a rien d’autre à côté d’elle – pas d’expérience de « vous » expérimentant l’expérience. Aux moments de bonheur et de plaisir, nous sommes d’habitude suffisamment préparés pour nous rendre compte de l’instant et pour laisser l’expérience être tout ? En de tels instants « nous nous oublions » et l’esprit ne tente pas de se diviser, de se séparer de l’expérience. » (2)
Il suffit de se montrer sensible à chaque instant, de prendre soin de chaque situation.
« Se montrer complètement sensible à chaque instant, à considérer chaque instant comme absolument nouveau et unique, à savoir l’esprit ouvert et totalement réceptif ? » (2)
Comme en sesshin,
« Chacun, indépendamment des autres, doit contrôler son propre zazen. » (3)
dans la vie quotidienne :
« C’est une pratique qui dépend uniquement de vous. » (3)
- Taizan Maezumi.
- Eloge de l’insécurité – Watts, Alan – Edition Payot
- La realite du zen – Uchiyama Roshi Kosho – Courrier Du Livre -












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